La Bolivie ouvre une école militaire "anti-impérialiste" pour contrer la politique étrangère américaine

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Le président Evo Morales a déclaré que l'Académie encouragerait "la pensée anticoloniale et anticapitaliste" afin de contredire et s’opposer à l’enseignement des écoles américaines qui ont pour cible les peuples autochtones.

Le président bolivien Evo Morales reçoit l’hommage des militaires lors de l'inauguration de l'école de commandos anti-impérialistes Juan Jose Torres (Photographie: Aizar Raldes/AFP/Getty Images)

Le président bolivien Evo Morales reçoit l’hommage des militaires lors de l'inauguration de l'école de commandos anti-impérialistes Juan Jose Torres (Photographie: Aizar Raldes/AFP/Getty Images)

Le président bolivien, Evo Morales, a ouvert une nouvelle Académie militaire «anti-impérialiste» pour contrer la politique américaine et l’influence militaire en Amérique latine.

"Alors que l'empire prône la domination du monde dans ses écoles militaires, cette École nous apprendra à nous libérer de l'oppression impériale", a déclaré mercredi le premier président autochtone du pays, lors d'une cérémonie d'investiture.

"Nous voulons construire une pensée anticoloniale et anticapitaliste à travers cette École qui relie les forces armées aux mouvements sociaux. Elle contrecarrera l'influence de l'École des Amériques (School of the Americas) qui a toujours considéré les autochtones comme des ennemis internes", a-t-il déclaré à une foule où figuraient les ministres de la Défense du Venezuela et du Nicaragua.

Certains officiers latino-américains formés à la School of the Americas, basée aux États-Unis, ont par la suite commis des atrocités sous les dictatures militaires du XXe siècle. En 2000, l'Académie de Fort Benning, en Géorgie, a été renommée "Institut de l'Hémisphère occidental pour la Coopération en matière de Sécurité".

Ecole commando anti-impérialiste Juan Jose Torres à Santa Cruz, en Bolivie (Photographie: EPA)

Ecole commando anti-impérialiste Juan Jose Torres à Santa Cruz, en Bolivie (Photographie: EPA)

Morales, qui a expulsé l'Ambassadeur des États-Unis et les agents de lutte contre les stupéfiants en 2008, a accusé Washington d'avoir encouragé des "coups d'État au Congrès", tels que la procédure en destitution de la présidente suspendue Dilma Rousseff au Brésil.

Il a également déclaré que les États-Unis promouvaient le terrorisme mondial par le biais d'interventions militaires, citant à titre d'exemple le développement du groupe État Islamique.

L'Académie de Santa Cruz a été inaugurée en 2011 sous le nom "École ALBA" à la suite l'alliance régionale, actuellement affaiblie, qui inclut le Venezuela, le Nicaragua, l'Équateur et Cuba.

L’invitation à cet événement lancée par Morales au ministre iranien de la Défense, Ahmad Vahidi, a provoqué un tollé en Argentine, pays voisin, où les autorités judiciaires ont accusé Vahidi d’avoir joué un rôle dans l’attentat à la bombe contre un centre communautaire juif, en 1994, qui a tué 85 personnes.

L’école ré-inaugurée porte le nom du général Juan Jose Torres, un membre de la gauche, qui a de facto présidé la Bolivie en 1970 et qui a expulsé les Peace Corps pour avoir soi-disant stérilisé des femmes autochtones.

"Deux cents cadets environ apprendront l'histoire, la géopolitique et la stratégie militaire", a déclaré le gouvernement.

L’intellectuel marxiste argentin Atilio Boron donne actuellement un cours d’un semestre, qui est nécessaire à la promotion au grade de capitaine, a déclaré le vice-ministre de la Défense, Reymi Ferreira.

Lien de l'article en VO:

https://www.theguardian.com/world/2016/aug/17/bolivia-anti-imperialist-military-school-evo-morales-us?CMP=share_btn_fb&fbclid=IwAR1vz0mp3Rh55iLezG0OUqwSos8QzrDrZ8lGykiqadMhUXVXocGb62wDvL0

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