Il y a 100 ans, le 23 mars 1919, Benito Mussolini fondait le mouvement fasciste

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Le fascisme, dont l'apogée s'est situé au début de la Seconde Guerre mondiale quelques années seulement avant sa chute, a laissé une trace terrible et indélébile dans l'Histoire et a été la cause de millions de morts. Mais quelle était son idéologie? Selon Mussolini, le fascisme est foncièrement anti-démocratique et anti-individualiste. Seul l'Etat est tout. L'individu doit être écrasé s'il s'oppose à lui. La guerre est bonne parce qu'elle mobilise l'ensemble des individus pour une seule cause, celle de l'Etat. La démocratie est mauvaise parce qu'elle laisse trop de pouvoir à l'individu et le socialisme est mauvais parce qu'il prône la lutte des classes et l'égalité. Dans cet article écrit par lui-même, le Duce nous explique ce qu'est le fascisme et quelle est son idéologie:

Résumé de "Qu'est-ce que le fascisme?"

Par Benito Mussolini et Giovanni Gentile

Première publication: Encyclopédie italienne de 1932

Traduction en anglais par marxists.org

Mussolini en couverture du Petit journal Illustré daté du 22 septembre 1935

Mussolini en couverture du Petit journal Illustré daté du 22 septembre 1935

Le fascisme, en considérant et observant l'avenir et le développement de l'humanité en dehors des considérations politiques du moment, ne croit ni à la possibilité ni à l'utilité de la paix perpétuelle. Il répudie donc la doctrine du pacifisme - née d'un renoncement à la lutte et d'un acte de lâcheté face au sacrifice. La guerre à elle seule élève à sa plus haute tension toute l’énergie humaine et donne l’impression de noblesse aux peuples qui ont le courage de la connaître. Toutes les autres épreuves sont des substituts, qui ne mettent jamais vraiment les hommes dans la position où ils doivent prendre la grande décision - l'alternative de la vie ou de la mort ...

Le fasciste accepte la vie et l'aime, ne sachant rien du suicide et le méprisant. Il conçoit plutôt la vie comme un devoir, une lutte et une conquête, mais surtout pour les autres - ceux qui sont proches et ceux qui sont éloignés, les contemporains et ceux qui viendront après ...

Le fascisme [est] à l'opposé du socialisme marxiste, la conception matérialiste de l'histoire de la civilisation humaine s'explique simplement par le conflit d'intérêts existant entre les divers groupes sociaux et par le changement et le développement des moyens et des instruments de production. Le fascisme, maintenant et toujours, croit en la sainteté et en l'héroïsme; c’est-à-dire en des actions n’ayant aucun motif économique, direct ou indirect. Et si l'on nie la conception économique de l'histoire, selon laquelle les hommes ne sont que des marionnettes, emportés par les vagues du hasard, alors que les véritables forces dirigeantes échappent à leur contrôle, il s'ensuit que l'existence d'une guerre de classe immuable est également niée - la progéniture naturelle de la conception économique de l'histoire. Et surtout, le fascisme nie que la guerre de classes puisse être la force prépondérante dans la transformation de la société.

Après le socialisme, le fascisme combat tout le système complexe de l'idéologie démocratique et le répudie, que ce soit dans ses prémisses théoriques ou dans son application pratique. Le fascisme nie que la majorité, du simple fait qu'il s'agisse d'une majorité, puisse diriger la société humaine; il nie que seul le nombre puisse gouverner par le biais d'une consultation périodique, et il affirme l'inégalité immuable, bénéfique et féconde de l'humanité, qui ne peut jamais être corrigée de manière permanente par le simple recours à un processus mécanique, tel que le suffrage universel ....

Le fascisme nie, dans la démocratie, le mensonge absurde et conventionnel de l'égalité politique vêtu du costume de l'irresponsabilité collective, du mythe du "bonheur" et du progrès indéfini.

Même si le XIXème siècle a été le siècle du socialisme, du libéralisme et de la démocratie, il ne s'ensuit pas nécessairement que le XXème siècle doive être aussi un siècle de socialisme, de libéralisme et de démocratie. Les doctrines politiques passent, mais l'humanité reste, et on peut plutôt s'attendre à ce que ce soit un siècle d'autorité, un siècle de fascisme. Car si le XIXème siècle a été un siècle d’individualisme, on peut s’attendre à ce que celui-ci soit le siècle du collectivisme et donc celui de l’État.

Le fondement du fascisme est la conception de l'État, son caractère, son devoir et son but. Le fascisme conçoit l'État comme un absolu, au regard duquel tous les individus ou groupes sont relatifs, à ne concevoir que dans sa relation à l'État. La conception libérale de l’État n’est pas celle d’une force directrice dirigeant le jeu et le développement, tant matériel que spirituel, d’un organe collectif, mais simplement une force limitée à la fonction d’enregistrement des résultats. En revanche, l’État fasciste est lui-même conscient et a lui-même une volonté et une personnalité - on peut donc l'appeler l'État "éthique".

L'État fasciste organise la nation, mais laisse une marge de liberté suffisante à l'individu. Celui-ci est privé de toute liberté inutile, voire nuisible, mais conserve l'essentiel. Le pouvoir décisif ne peut dépendre de l'individu, mais de l'État seulement.

Pour le fascisme, la croissance de l'empire, c'est-à-dire l'expansion de la nation, est une manifestation essentielle de la vitalité tandis que son opposé est un signe de décadence. Les peuples qui se lèvent ou ressuscitent après une période de décadence sont toujours impérialistes et le renoncement est un signe de décadence et de mort. Le fascisme est la doctrine la mieux adaptée pour représenter les tendances et les aspirations d'un peuple, comme le peuple italien, qui renaît après des siècles d'abaissement et de servitude étrangère. Mais l'empire exige de la discipline, la coordination de toutes les forces et un sens profond du devoir et du sacrifice. Cela explique de nombreux aspects du fonctionnement pratique du régime, le caractère de nombreuses forces dans l'État et les mesures nécessairement sévères qui doivent être prises contre ceux qui seraient contre ce mouvement spontané et inévitable de l'Italie au XXème siècle et s'y opposeraient en rappelant l'idéologie usée du XIXème siècle, une idéologie répudiée partout où il s'est trouvé le courage de mener de grandes expériences de transformation sociale et politique car jamais auparavant la nation n'a eu plus besoin d'autorité, de direction et d'ordre. Si chaque époque a sa propre doctrine caractéristique, il existe mille signes qui font du fascisme la doctrine caractéristique de notre époque. Car si une doctrine doit être une chose vivante, cela est prouvé par le fait que le fascisme a créé une foi vivante; et que cette foi qui est très puissante dans l'esprit des hommes est démontrée par ceux qui ont souffert et sont morts pour elle.

Lien de l'article en anglais:

https://www.marxists.org/reference/archive/mussolini/works/fascism.htm

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