Shahidul Alam: le Bangladesh est ‘une autocratie à tous les niveaux’

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Nous discutons avec le militant des droits de l'homme du Bangladesh de son arrestation et de la raison pour laquelle son gouvernement pense qu'il constitue une menace.

Par Al Jazeera le 20 avril 2019

Le photojournaliste primé et militant des droits de l'homme, Shahidul Alam, a été arrêté en août 2018, peu après son interview par Al Jazeera pour y parler des manifestations étudiantes antigouvernementales.

Shahidul Alam

Shahidul Alam

Après 107 jours de prison, Alam a été libéré, mais pourrait toujours faire l'objet d'une peine de 14 ans d'emprisonnement pour violation de ce que les groupes de défense des droits de l'homme ont qualifié de loi répressive sur la sécurité numérique, qui donne la possibilité à la police arrêter les critiques sans mandat.

Il conteste actuellement la légalité de cette loi devant la Haute Cour.

"Il s'agit de la liberté d'expression et c'est certainement l'enjeu principal de toute démocratie", a déclaré Alam à Al Jazeera. "Si nous perdons ce procès, ce sera un très mauvais signal pour les journalistes et le peuple."

Quand on lui a demandé si le Bangladesh était toujours une démocratie, Alam a répondu: "Pas de la façon dont il fonctionne aujourd'hui... C’est une autocratie. Quand j’ai quitté le Bangladesh en 1972, c'était un pays libre et quand j'y suis revenu, c'était devenu une dictature militaire. Nous avons essayé de faire tomber le général, mais les élections n’ont pas abouti à un processus démocratique, et aucun de nos partis politiques n’a pratiqué la démocratie depuis. "

"Je pense que pratiquement tous les régimes que nous avons eu dans le passé ont joué le même rôle. C'est simplement que nous avons atteint un niveau sans précédent aujourd'hui."

Dans cette interview spéciale, nous demandons à Alam si le Bangladesh est en train de sombrer dans l'autocratie, pourquoi le gouvernement tente de le faire taire et quels sont les enjeux pour les Bangladais s'il perd son procès.

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