Trop avide de pouvoir, trop incapable de gouverner: Moreno et son néolibéralisme sont à l'origine de la tourmente en Equateur selon l'ex-président Correa

Publié le

Par RT America le 8 octobre 2019

Les autorités équatoriennes s'efforcent de rejeter la responsabilité des manifestations en cours sur l'influence étrangère, mais ce sont elles qui ont mal géré l'économie et refusent maintenant de renoncer au pouvoir, a déclaré à RT l'ex-président Rafael Correa.

Les manifestants tiennent une banderole portant l'inscription "Lénine dehors, presse corrompue et traître" lors d'une manifestation anti-austérité à Quito, en Équateur, le 8 octobre 2019 (Crédit photo: Reuters/Carlos Garcia Rawlins)

Les manifestants tiennent une banderole portant l'inscription "Lénine dehors, presse corrompue et traître" lors d'une manifestation anti-austérité à Quito, en Équateur, le 8 octobre 2019 (Crédit photo: Reuters/Carlos Garcia Rawlins)

Les manifestations anti-gouvernementales ont été déclenchées par des coupes d'austérité liées à un accord de prêt avec le Fonds monétaire international (FMI), approuvé en mars. Les réductions de dépenses annoncées la semaine dernière par le président Lenin Moreno comprennent la suppression des subventions d'État aux carburants, qui a fait plus que doubler le prix de l'essence. Dans le but de calmer les troubles, Moreno a publié un décret d'urgence nationale de 60 jours à la fin de la semaine dernière. La crise s'est toutefois poursuivie et le gouvernement a finalement été contraint de quitter lundi la capitale, Quito, pour se rendre à Guayaquil, une ville côtière du sud.

Le gouvernement du pays a imputé les troubles à l'ingérence étrangère. Le président a qualifié la manifestation de "tentative de coup d'Etat" soutenue par le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro et l'ex-président exilé de l'Équateur, ancien allié et maintenant l'ennemi juré de Moreno, Rafael Correa.

En Equateur, une partie de la police et de l’armée se sont rallié aux manifestants qui protestent contre le pouvoir.

Que faut-il blâmer, une ingérence étrangère ou des décisions politiques ineptes?

Correa lui-même, cependant, nie toute implication, insistant sur le fait que seuls le gouvernement et ses politiques incompétentes sont responsables de la tourmente qui règne dans le pays. S'adressant exclusivement à RT España, l'ancien président a déclaré que la manifestation était le résultat du passage brutal de Moreno aux politiques néolibérales et de son recours au "FMI" pour obtenir de "l'aide".

"[Moreno] pensait pouvoir créer quelque chose de nouveau et de meilleur, mais il a seulement réussi à détruire. Nous avons laissé l'économie de l'Équateur en croissance et la croissance s'est poursuivi jusqu'à 2017-2018. Mais cette année, la stagnation nous attend", a déclaré Correa.

La décision même de conclure un accord de prêt avec le FMI était basée sur des mensonges, a déclaré Correa, alors que le gouvernement du pays trompait le public en peignant la situation économique d'une façon pire qu’elle ne l’était en réalité.

"Ils jonglent avec les faits et ont trompé le peuple, affirmant que la dette de l'Équateur avait atteint 60 milliards de dollars, soit 60% du PIB", a-t-il déclaré, affirmant que la dette n'avait pas encore atteint cette barre. La dette s'élevait en réalité à environ 40% du PIB en 2017, lorsque Correa a quitté son poste et a ensuite rapidement augmenté pour atteindre 55% sous le régime de Moreno.

Les mesures d'austérité du gouvernement - requises par le FMI - ne sont en réalité invoquées par aucun facteur réel, à l'exception d'une mauvaise prise de décision par le gouvernement, a ajouté Correa.

"Il n'y a pas eu de baisse brutale des prix du pétrole ... Il n'y a pas eu de tremblement de terre. C'est simplement une économie qu'ils ont été incapable de tenir."

Moreno trop avide de pouvoir pour régler la situation

En fait, l’Équateur a mis en place un mécanisme pour remédier à la situation, a déclaré Correa. Il existe un ensemble de dispositions constitutionnelles, appelées "cross death" - elles permettent à l'Assemblée nationale du pays de révoquer le président en cas de troubles sociaux, tout en pouvant dissoudre le Parlement en même temps, déclenchant ainsi des élections anticipées. Ce mécanisme a été mis en place après une décennie d’instabilité politique entre 1996 et 2006, alors que le pays était dirigé par toute une série de présidents.

Cependant, le gouvernement actuel semble avoir opté pour la répression des troubles par la force au lieu d'invoquer ces dispositions, craignant de perdre leur emprise sur le pouvoir.

"Pourquoi personne ne parle de ça? Parce que [Moreno] sait qu'il ne remportera jamais d'élections équitables. La démocratie ne l'intéresse pas", a déclaré Correa. "Il ne s'intéresse pas au pays, il ne pense qu'au pouvoir et à ses propres intérêts."

Devant le monde entier et tous les gouvernements de l’Amérique latine le gouvernement Moreno nous décrit comme des putschistes dans sa campagne de désinformation et nous reproche d’essayer de déstabiliser le gouvernement. Mais en réalité, ce sont eux les vrais putschistes - ce sont eux qui ont violé la Constitution quand cela leur a été bénéfique, ce sont eux qui ont déstabilisé la situation dans le pays, ils ont privé le peuple de la démocratie et piétiné l'ordre constitutionnel.

"Moreno entretient une relation intime avec les médias du pays", a ajouté M. Correa, accusant la presse d'être complice de la détérioration de la situation en faisant taire les manifestants antigouvernementaux et en "faussant les faits". L'ancien président a déclaré être en colère contre les médias et leur couverture sélective ".

En effet, les manifestants ont été vus portants des banderoles visant non seulement le gouvernement, mais également les médias.

Lien de l'article en anglais:

https://www.rt.com/news/470476-correa-interview-reasons-protests-ecuador

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