Le dirigeant libyen Kadhafi s'était excusé au nom des Arabes pour le traitement cruel infligé aux Africains lors de la traite arabe des esclaves

Publié le

Par Francis Akhalbey pour le média en ligne ghanéen face2faceafrica.com le 15 novembre 2019

Francis Akhalbey est un spécialiste des médias sociaux et un écrivain à temps partiel basé à Accra, au Ghana.

Mouammar al-Kadhafi a laissé un héritage mixte. Président de la Libye de 1969 à son assassinat en 2011, son mandat au pouvoir est généralement considéré comme à double face. 

Mouammar al-Kadhafi

Mouammar al-Kadhafi

Alors qu’il était critiqué pour son impitoyable dictature, ce dirigeant avait aussi apporté de nombreuses réformes socio-économiques à ce pays de l’Afrique du Nord.

En dépit de ces points de vue divergents, Kadhafi n’a jamais renoncé à ses convictions. C’était un révolutionnaire, un panafricaniste et un ardent défenseur de l'unité africaine.

Il a défendu cette cause lors de plusieurs apparitions publiques et son discours lors du 2ème Sommet arabo-africain de Syrte était l'une d'entre elles. Le 10 octobre 2010, alors qu'il s'adressait au sommet, il a présenté ses excuses aux Africains au nom des Arabes pour leur esclavage et leur traitement cruel pendant la traite arabe des esclaves noirs.

Lisez un extrait de son discours et regardez la vidéo ci-dessous:

«Au nom des Arabes, j’aimerais condamner la conduite de certains Arabes - en particulier celle des plus riches parmi eux - à l’égard de leurs frères africains, présenter des excuses à ces derniers et exprimer un profond chagrin pour ce qui s’est passé.

Les riches Arabes ont traité leurs frères africains de manière scandaleuse dans le passé. Ils ont enlevé des enfants et les ont emmenés en Afrique du Nord, dans la péninsule arabique et dans d'autres régions arabes.

Ils les ont vendus et échangés. Ils se sont livrés à l'esclavage et à la traite des êtres humains de la manière la plus abominable, pour vous dire la vérité.

Nous avons honte vis-à-vis de nos frères africains, lorsque nous nous en souvenons. Nous avons honte de ceux qui se sont comportés de la sorte, et en particulier des riches Arabes qui considéraient leurs frères africains comme des esclaves inférieurs.

Ce n’est pas différent de la manière dont l’Occident - l’Amérique et l’Europe - se comportait envers les Africains. Ils les chassaient comme des animaux, les traitaient comme des esclaves et se comportaient comme des colonialistes. Ils se sont engagés dans le colonialisme et les ont exploités, et cela continue à ce jour.

Nous présentons nos excuses et exprimons notre chagrin.

Mouammar al-Kadhafi»

La vidéo du discours de Kadhafi s’excusant au nom des Arabes pour la traite des esclaves africains (en arabe avec sous-titres en anglais)

Commençant plus de 700 ans avant la traite des esclaves transatlantique, la traite des esclaves subsaharienne, également connue sous le nom de traite arabe des esclaves, a débuté à la fin du 7ème siècle, après que les Arabes eurent vaincu et repris l'Egypte avec succès, et contrôlé l'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Est ainsi que des parties de l'Afrique de l'Ouest telles que le nord du Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire et le Nigéria.

Avec le contrôle total d’une grande partie de l’Afrique, les Arabes ont commencé à capturer de jeunes garçons et filles issus du continent et les ont emmenés en Égypte, où ils ont été vendus comme esclaves sur place ou transportés à travers l’océan Indien vers l’Indonésie, la Chine, l’Asie du Sud-Ouest et l’Inde.

Les victimes capturées dans la traite des esclaves subsaharienne ont dû supporter plusieurs semaines de marche dans le désert, transportant des charges pour leurs nouveaux maîtres d'Afrique occidentale ou orientale en Égypte ou à Zanzibar, où elles ont finalement été vendues sur les marchés d'esclaves. Les esclaves mâles, généralement âgés de 9 à 12 ans, étaient également castrés.

Lien de l’article en anglais:

https://face2faceafrica.com/article/watch-gaddafi-apologize-on-behalf-of-arabs-for-their-cruel-treatment-of-africans-during-the-arab-slave-trade

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article