Il y a 100 ans mourrait John Reed, l'auteur de 'Dix jours qui ébranlèrent le monde'

Publié le

Par In defense of Communism le 19 octobre 2020

Le nom de John Reed est inextricablement lié aux événements de la Grande Révolution socialiste d'octobre 1917. Son livre «Dix jours qui ébranlèrent le monde (Ten Days that Shook the World)» est un témoignage de première main sur la Révolution qui a changé le cours de l'histoire humaine.

John Silas Reed

John Silas Reed

John Silas Reed est né le 22 octobre 1887 à Portland, Oregon. Il fréquenta les écoles publiques de Portland et fut diplômé de l'Université de Harvard en 1910. Peu de temps après avoir obtenu son diplôme, il commença à travailler comme journaliste dans diverses publications dont «American Magazine» et «The Masses».

À l'automne 1913, Reed fut envoyé au Mexique par le «Metropolitan Magazine» pour faire un reportage sur la Révolution mexicaine. Il a écrit une série d'articles remarquables qui lui ont valu une réputation nationale en tant que correspondant de guerre. Reed a profondément sympathisé avec la lutte du peuple mexicain et s'est opposé avec véhémence à l'intervention américaine. Les rapports de Reed ont été rassemblés et publiés dans le livre «Le Mexique insurgé (Insurgent Mexico)» en 1914.

Son expérience suivante eut lieu au Colorado, en avril 1914, où il raconta le massacre de Ludlow, un crime orchestré par le propriétaire en chef de la mine John D. Rockefeller Jr et perpétré par la milice locale pendant la grève du charbon du Colorado. Reed enquêta sur les événements, parla au nom des mineurs et écrivit un article passionné sur le sujet («La guerre du Colorado», publié en juillet).

Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914, il se rendit en Europe en tant que correspondant du «Metropolitan Magazine». Il a couvert les fronts de bataille en Allemagne, Russie, Serbie, Roumanie et Bulgarie. À partir de ces expériences, il écrivit le livre, «La Guerre dans les Balkans», publié en avril 1916, révélant la nature impérialiste de la guerre.

En août 1917, Reed est envoyé comme correspondant de guerre en Russie. Son épouse, Louise Bryant, et lui-même furent des témoins de première main des événements entourant la Grande Révolution socialiste d'octobre. Le résultat de cette expérience fut la publication du livre «Dix jours qui ébranlèrent le monde» en 1919; peut-être l'ouvrage d'un témoin oculaire sur la Révolution d'octobre le plus significatif.

Une des premières éditions du livre «Dix jours qui ébranlèrent le monde»

Une des premières éditions du livre «Dix jours qui ébranlèrent le monde»

Dans l'introduction de l'édition russe de «Dix jours qui ébranlèrent le monde», Vladimir I. Lénine a écrit: «Avec le plus grand intérêt et avec une attention sans relâche, j'ai lu le livre de John Reed, Ten Days That Shook the World. Je le recommande sans réserve aux travailleurs du monde entier. Voici un livre que je voudrais voir publié à des millions d'exemplaires et traduit dans toutes les langues. Il donne un exposé véridique et le plus vivant des événements si significatifs pour la compréhension de ce qu'est réellement la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat. Ces problèmes sont largement débattus, mais avant que quelqu'un puisse accepter ou rejeter ces idées, il doit comprendre toute la signification de sa décision. Le livre de John Reed aidera sans aucun doute à clarifier cette question, qui est le problème fondamental du mouvement ouvrier international.»

L'expérience de la grande révolution socialiste d'octobre a changé Reed pour toujours. Il devint un partisan enthousiaste des bolcheviks et collabora avec le gouvernement révolutionnaire. À son retour aux États-Unis en 1918, il fit face à l'hostilité ouverte des autorités et fut arrêté à plusieurs reprises, accusé d'avoir enfreint la loi sur la sédition. Cependant, il resta actif dans le mouvement ouvrier, adoptant une position politique radicale.

En 1919, après avoir été expulsé de la Convention socialiste nationale, il forma le Parti travailliste communiste d'Amérique qui, quelques mois plus tard, vit son nom remplacé par celui de Parti communiste uni d'Amérique. Reed fut le principal contributeur de «Voice of Labour», le journal du Parti communiste.

Mis en examen pour sédition et espérant obtenir le soutien du Komintern pour le Parti, il s'enfuit des Etats-Unis avec un faux passeport au début d'octobre 1919 sur une frégate scandinave. Il tomba malade en septembre 1920 avec le diagnostic de typhus tacheté. John Reed mourut à Moscou le 17 octobre 1920, avec sa femme à ses côtés. Il eut des funérailles d'État et fut enterré dans la nécropole du Kremlin, étant le premier des trois Américains qui eurent l'honneur d'être enterrés là-bas (les deux autres sont Charles Ruthenberg et Bill Haywood).

Il faut noter que le chef-d'œuvre muet du réalisateur soviétique Sergei Eisenstein de 1927, «Octobre», était basé sur le livre de Reed. Cinquante-quatre ans plus tard, en 1981, la vie de Reed a inspiré le film hollywoodien «Reds» avec Warren Beatty, Diane Keaton et Jack Nicholson.

Lien de l'article en anglais:

http://www.idcommunism.com/2020/10/john-reed-author-of-ten-days-that-shook-the-world-100-years-since-his-death.html

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