Myanmar/Birmanie: Que va-t-il se passer? 3 scénarios possibles

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Actuellement, la situation au Myanmar est plus qu’incertaine et il est très difficile de prévoir ce qu’il va se passer. Cependant, si on connait bien le Myanmar et son histoire, on peut envisager 3 scénarios possibles.

Scénario 1: L'armée tire sur la foule et la junte en reprend pour 10 ans

1988 se répète, l'armée birmane tire sur les manifestants et fait régner l’ordre par la peur après un massacre. Pendant une dizaine d’années, la junte va régner par la terreur et ensuite, étouffés par les sanctions, les militaires tenteront une nouvelle expérience de démocratie.

C’est pour l’instant vers ce scénario que l’on semble se diriger. Alors que la protestation contre le coup d'État militaire s'intensifiait, les forces de police de Nay Pyi Taw ont tiré des balles réelles, des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau sur les civils non armés afin de briser les manifestations pacifiques.

Une jeune étudiante, Mya Thwe Thwe Khine, a été grièvement blessée par les tirs des policiers et est morte sur le chemin de l'hôpital. Quatre autres manifestants ont été blessés et un autre est dans un état critique.

La jeune étudiante Mya Thwe Thwe Khine tuée par la police

La jeune étudiante Mya Thwe Thwe Khine tuée par la police

Scénario 2: Une guerre civile et l’éclatement du pays

Une partie des forces de sécurité se rallie aux manifestants et la révolte, d’abord pacifique, devient une révolte armée. Cependant, les généraux gardent le contrôle sur une grande partie de l’armée. Une partie des guérillas ethniques, les Karens, les Rakhines et les Shans, s’allient avec l’armée libre constituée par l’alliance des manifestants et des soldats et policiers qui les ont rejoints tandis que d’autres, dont la puissante armée Wa, soutiennent les partisans de la junte militaire. Les forces des démocrates prennent le contrôle de Yangon et de la partie sud du pays tandis que les généraux conservent le contrôle de la capitale Nay Pyi Taw et d’une grande partie du centre et du nord. La ville de Mandalay est divisée en deux avec les démocrates contrôlant une partie de la ville et les partisans de la junte contrôlant l’autre. A la fin, l’ONU envoi des casques bleus pour séparer les forces en présence.  

Le fait que de nombreux policiers, dont des officiers de police, se soient ralliés aux manifestants donne du poids à ce scénario.

Un officier de police birman monte sur la tribune pour annoncer que ses hommes et lui se sont ralliés aux manifestants anti-coup d’Etat

Un officier de police birman monte sur la tribune pour annoncer que ses hommes et lui se sont ralliés aux manifestants anti-coup d’Etat

Scénario 3: Malgré la répression, les manifestants ne cèdent pas et à la fin la démocratie est rétablie.

Les militaires tentent de réprimer les manifestations. Il y a des blessés et même des morts mais de plus en plus de Birmans descendent dans la rue. Au bout d’un moment, les forces de sécurités refusent d’obéir. Cela commence par les policiers puis les simples soldats et certains de leurs officiers eux-mêmes refusent de se joindre à la répression. En même temps, les pressions internationales s’accentuent et même la Chine, qui avait auparavant conclu d’importants accords économiques avec le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, s’y rallie. Les généraux cèdent et rendent le pouvoir au peuple mais ils sortent affaiblis de la confrontation.

A gauche, Aung San Suu Kyi, à droite, ses partisans

A gauche, Aung San Suu Kyi, à droite, ses partisans

Actuellement, ces 3 scénarios sont possibles. Chacun d’entre eux dépend de la force de volonté des protagonistes. Celui qui sera le plus fort, pas spécialement en matière d’armement mais surtout par la volonté de gagner, l’emportera.

Personnellement, à La Gazette du Citoyen, nous souhaitons que le scénario numéro 3 qui voit la victoire du peuple se produise.

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